Jour 6 : tenir bon !

Un post aussi ponctuel que la SNCF

Oui, je sais ça devait être un journal de bord et là je finalise cet article à Dubai, entre deux vols, 3 jours après les événements … les dernières journées ont été intenses, je n’avais pas toujours ni l’énergie pour le faire ni la connexion internet pour uploader des photos, et pour couronner le tout la clim’ en permanence entrenait cette saleté de rhume. J’anti/post date donc l’article qui suit et je l’écris comme si on était le soir même, vous n’avez qu’à vous dire que vous avez manqué la lecture de votre journal favori pendant quelques jours 😀 Je posterai d’ici ce soir ou demain un ou deux autres articles pour les derniers jours. Donc chronologiquement ce qui suit se passe le lendemain de la journée marathon, Antho et Justine remettent les couverts pour le double mixte, avec un tarif supplémentaire pour Justine qui devait en plus jouer des matchs de reclassement en simple et triple, avec Laeticia et June.

Reclassement en simple : round 2 contre Silke

Justine affrontait le matin Silke pour le reclassement 7-8 féminin. Après une première défaite contre la championne allemande il y a deux jours, c’est à reculons que Justine rentrait sur le terrain, inquiète de l’issue du match. Le premier set est timidement perdu 13-21, Justine se laissant un peu mener par le jeu de Silke. Le réveil aura lieu au second set, où d’amortis en fonds de court, Justine colore le visage de Silke rouge écarlate. La vétérane maintient tout de même un rythme d’attaques sur lesquelles Ju parvient à défendre : le set pris 22-20 avec les dents par Justine. C’est déjà une amélioration par rapport à la dernière rencontre, perdue en deux sets. Justine démarre très bien le troisième set et possède une avance de 6 points sur son aînée. Temps mort de l’Allemagne qui reprend ensuite le service. C’est dingue la détermination dans le regard de Silke à chaque service, à se demander d’où elle parvient à tirer tant de pugnacité alors qu’en dehors des matchs elle a comportement de gentille maman avec les jeunes joueurs de la compétition.Toujours est-il que Silke, point après point parvient à rattraper Justine qui se bat avec la fatigue des jours passés et est mise en difficulté par son manque d’expérience pour ce type de match. Le troisième set est perdu 18:21, mais rien à voir avec leur première rencontre, Justine a de quoi repartir la tête haute !

Double mixte

Voici pour rappel notre poule pour cette épreuve : Vietnam, Hongrie et Allemagne. On nourrissait beaucoup d’espoir pour le double mixte : Anthony et Justine ont réussi aux derniers championnats d’Europe à battre l’Allemagne et à faire un match très serré contre la Hongrie (les champions d’Europe), terminant sur la deuxième place du podium (une première pour la France). Si on finit deuxième de poule en double mixte, on pourrait jouer contre Macau ou Taiwan en quart de finale et là … qui sait ?! Une demi-finale aux championnats du monde ce serait encore une première !! Mais tout cela, c’était sans compter sur les 3 journées éprouvantes qu’Anthony et Justine ont vécues depuis le début de la compétition. Je le disais le deuxième jour au moment des tirages au sort : le comité d’organisation a enfin cédé à nos demandes répétées et a décidé de jouer absolument toutes les places du classement. Même si on était tous ravis de jouer un maximum de matchs, ce mode de fonctionnement n’a pas vraiment été pris en compte (et pour cause, cela n’a jamais été le cas par le passé !) lors de la constitution des différentes équipes par Cédric (le sélectionneur de l’équipe de France de plumfoot pour les ignares). Anthony par exemple, qui a déjà joué le simple et le double homme démarre la journée avec plus de 10 matchs dans les pattes les deux jours précédents. Déjà que l’épreuve de simple est éreintante en soi, on a en plus eu une journée de dingue la veille avec notre rallye face Hong-Kong (où il est même allé au contre !). Pour Justine, c’est pire encore car elle joue aussi le triple féminin et a fait son match retour contre Silke le matin même, pour m’exprimer comme elle : c’est le bout de sa vie … Bref, on pourrait croire que je cherche des excuses mais objectivement Anthony et Justine n’étaient pas à leur potentiel maximum pour ce rendez-vous, et c’est bien dommage. Cela sera certainement un point à tenir en compte pour les prochaines sélections, après tout si on peut venir plus nombreux car il y a plus de matchs à jouer cela fait une équipe qui en impose plus (la délégation vietnamienne ils devaient bien être 18 !), et c’est autant de moyens de soulager les joueurs (pour coacher, encourager durant les matchs, retenir les scores, indiquer les fautes de services, aller chercher bouteilles d’eau / snacks pour les temps morts et … rédiger des articles en temps et en heure 🙂 ).

Je passe sur le match contre le Vietnam qui comme d’habitude servait plus de tour de chauffe qu’autre chose (10-21, 6-21).

 

J’en viens donc tout de suite à la Hongrie. C’est la même paire Gabor / Reka qu’à Kistelek, c’est l’occasion où jamais de leur monter dessus ! Mais alors que la veille Anthony réussissait quasiment toutes ses attaques dès l’entame du match, cette fois-ci le premier set est chargé de déchets, avec de nombreuses sorties ou des smashs qui finissent dans le filet. La défense également est moins en place qu’aux championnats d’Europe, Gabor attaque nettement plus sur Justine, qui parvient à sauver les meubles sur quelques points, mais ceux-ci ne sont malheureusement pas toujours transformés derrière. Le premier set est perdu 11-21 sans trop d’espoir de prendre le dessus et au deuxième Anthony remonte considérablement son taux de réussite de smashs en envoyant plusieurs missiles dans le terrain adverse, sans que les hongrois n’arrivent vraiment à construire une défense efficace. Inversement de notre côté Justine a ajusté sa position et rattrape plusieurs attaques de Gabor par son torse, mais cette bonne lecture des phases offensives arrive un tantinet trop tard : les Hongrois prennent le dessus et nous battent 16-21, le match est perdu en deux sets.

Le match suivant c’est l’Allemagne, avec Philipp Münzer / Tanja Schlette. Notre double mixte sait bien qu’il faut mettre le paquet pour ne pas finir derniers de poules mais en même temps le capital confiance a été grignoté par la rencontre avec la Hongrie, révélatrice de la forme de nos poulains. Mais il n’est pas dit que la France baissera les bras de si tôt ! Puisant dans ses ressources Anthony parvient à retrouver son taux de réussite le plus efficace, les allemands n’ont pas vraiment de défense efficaces contre ses attaques, inversement les smashs de Philipp nous mettent à rude épreuve. Finalement le premier set est extrêmement serré : on s’incline 24-26, il s’en est fallu de très peu … c’est sur la défense française et quelques erreurs de construction que la rencontre est perdue, avec 16-21 au deuxième set. Sans vraiment de solution face aux attaques aériennes de Philipp (moins puissantes que celles de Gabor, mais aussi moins lisibles), c’est une troisième défaite pour notre double mixte qui termine dernier de poule. Cela n’aura pas duré longtemps et ça sera bien la première fois que je le vois ainsi, mais je sens à un moment Anthony un peu abattu et déçu par ces rencontres … je chasse vite les idées nauséabondes qui polluent mon esprit « il y avait plus moyen de faire une médaille en double mixte – on a grillé Antho avec le double homme hier pour finir 7ième au classement – tu aurais dû plus le relayer aux smashs hier », je me focalise sur le positif et nos réalisations et puis surtout … la journée n’est pas finie !

Derniers de poules, on connaît le tarif : c’est Chine en quart de finale, encore une fois pas de surprise défaite en 2 sets …

En reclassement on tombe sur Macau. J’ai malheureusement raté cette rencontre  : la toux s’étant accentuée j’ai dû passer à la pharmacie. Je reviens pour la fin du match, j’étais plutôt confiant vu le niveau des joueurs que l’on avait affronté en double. Mais la paire de Macau alignée pour le double mixte contenait leur joueur le plus balèze. Et alors même qu’il ratait smash sur smash dans leur quart de finale contre la Hongrie, là le mec s’est transformé en tueur et s’envole à chaque point pour écraser le volant au sol. Ce match perdu nous renvoie vers la fin du classement : 7-8 contre Taiwan, encore une fois quelle déception … si seulement le double mixte avait eu lieu le premier jour !

Contre Taiwan, c’est le dernier match pour Anthony, c’est aussi un peu une manière de prendre notre revanche de double homme, Antho donne donc toute son énergie sur cette rencontre, appuyé par Justine en défense et en passe, on arrive à s’imposer contre Taiwan avec quelques frayeurs mais un jeu propre et construit (je n’arrive plus à me souvenir du score !).

Fin de journée : reclassement en triple féminin

Dernières de leur poule les filles ont affronté le Vietnam dans la matinée en quart de finale, ce n’était donc pas exactement une rencontre à suspens, plus une dernière occasion de huiler leur routine pour le match de reclassement qui les attendait ensuite … l’Allemagne. La rencontre a eu lieu en fin de journée, après les matchs de doubles mixtes. On commençait à être tous sérieusement crevés, je me surprends à une ou deux reprise, assis, à ne regarder aucun match, juste le vide. Mais il faut tenir ! Et même si on ne joue pas, rester proche du terrain, hurler notre soutien, ça peut faire la diff’ !

Le point fort de la formation allemande, Justine le connaît bien : il s’agit de Silke ! Le triple est complété par une autre attaquante et une troisième joueuse d’un niveau clairement inférieur aux deux premières. Les bleues démarrent le set agressivement et réussissent rapidement à creuser un écart de points, en visant notamment le service sur le point faible de l’équipe adverse. La stratégie s’essouffle malheureusement au bout d’un moment, entraînée par les nombreux services reçues, l’allemande se reprend et parvient à mettre Silke en situation d’attaque plusieurs fois. Pas de problème, on passe à Silke comme cible au service, mais les allemandes arrivent à installer leur routine d’attaque et devancent les filles, emportant le set 19-21. Encore un coup dur, qui impacte directement le deuxième set. La tension commence à s’installer un petit peu, très déterminée Justine (une tentative de smash ratée a défoncé le filet, à en faire trembler la chaise de l’arbitre !) cherche à motiver ses comparses mais passé un certain stade il n’est pas toujours simple de différencier les encouragements des coups de sangs … Quelques cafouillages nous font perdre des points, vous savez les moments du genre « c’est à toi ? c’est à moi ? », assez fatals en triples malheureusement et compréhensible vu le peu d’occasions qu’a eu la triplette Jujula de s’entraîner ensemble. La rencontre est perdue sur un 16-21 et nous laisse à tous beaucoup d’amertume. C’était faisable, surtout avec ce début premier match !

La morosité commence à franchement s’installer chez les filles. On essaie de les motiver comme on peut pour le dernier match, j’évoque à Justine – à part – l’importance de la communication pendant le triple, l’importance aussi de devoir prendre sur soi parfois, même quand on bouillonne à l’intérieur, puis … le dernier est match est annoncé pour le reclassement 7-8 : France – Taiwan.

Quel début de match catastrophique … ça me rappelle mes plus bas moments de compétition, quand dans un mélange de démotivation et de perte de confiance en soi on en arrive à 10% de son niveau. Pas de construction, pas de communication. Justine – peut-être un peu à cause de ma remarque à la sortie du match précédent – s’est enfermée dans un mutisme total, pour ne pas brusquer ses partenaires. Erreurs sur erreurs, renvois directs multiples et inefficaces … le premier set est perdu 21-10 face à une équipe Taiwanaise qui a elle réussi à installer une dynamique de construction. Pendant le changement de terrain j’essaie de galvaniser les troupes avec les autres : « Vous voulez vraiment terminer par un match aussi moche ? Vous voulez vraiment ce regret ? ». Le second set fait plaisir à voir : plus de services mollassons, les filles servent systématiquement sur l’attaquante principale la première partie du jeu, parvenant même à placer quelques aces qui font bien mal (hein June !) ainsi que des feintes de contre de Laeti (qui se rapproche du filet au moment de l’attaque pour reculer aussitôt). C’est aussi le retour des attaques de Justine, mais de la timidité s’est insérée dans son jeu. Je vois bien ce dont il est question et c’est un mécanisme fréquent : lorsqu’on enchaîne quelques déceptions à la suite, on commence à douter de soi, douter de ce que l’on sait faire, on cherche à assurer les points à tout prix. Résultat : le jeu s’amenuise, les risques pris réduits au strict minimum, donc peu de points marqués et c’est un beau cercle vicieux qui s’installe. De nombreuses fois le volant est proche du filet, Justine le regarde, hésite, et le renvoie en cloche au lieu d’attaquer. Au temps mort je lui balance : « Ju, tu n’as pas raté une seule de toutes tes attaques depuis tout à l’heure, tu as un taux de réussite parfait. Tente-les plus souvent ! Et lâche la jambe ! Et tant pis si tu arraches le filet on s’en fout ! ». Deux points plus tard, le volant est levé par June, il ne reste plus qu’une touche, le volant redescend mais il est très proche du filet – de notre côte du terrain – Justine regarde, ajuste, s’approche et elle saute pour attaquer. Le smash passe, on prend le point, elle se retourne avec le sourire d’un gosse de 5 ans et dit à tout le monde « Vous avez vu ? J’ai sauté ! C’est la première fois ! ». C’est ce genre de moments qui transforme la compétition en véritable palier de progression, quand on se dit « ah mais ouais, en fait je peux faire ça ? ». La confiance remontée à bloc, les attaques fusent. C’est quasiment à chaque point que Justine smashe, variant les angles d’attaque. Le deuxième set est emporté, le temps de mettre quelques détails au point pendant le changement de terrain  : « Changez la cible au service » – « En fait c’est l’autre attaquante qui est la plus dangereuse » – « Justine laisse les autres prendre la deuxième touche » – « Laeticia pas besoin de contre si c’est la plus petite qui attaque ». Les filles démarrent ce troisième set avec l’envie de gagner mais – surtout – avec le plaisir de jouer, et ça se sent. On gagne la rencontre sur une belle balle de match. C’est pour moi de nos victoires, peut-être la plus importante de la compétition. Oui, c’est un match de reclassement, pour la dernière ou l’avant-dernière place, mais c’est une remontée de pente considérable qu’il faut savoir garder en tête pour les prochaines rencontres. Qu’importe le début de match y a toujours moyen !

 

Après cette journée, direction l’hotel où je laisse les autres aller faire un tour dehors pour écrire l’article dans ma chambre, emmitouflé sous une couette parce que je tousse comme un cheval agonisant et qu’on arrive pas à régler cette foutue clim’ (soit on la coupe et on étouffe, soit on la met et c’est Vladivostok). Il est 20h30, et je m’endors sur le clavier en essayant de remettre les idées de la journée au clair … bon, ben je ne le posterai pas ce soir-là l’article hein. Ni le lendemain d’ailleurs …

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